Hugues Dufour du 21 au 28 février 2010

Prendre quelque chose et le mettre dans un autre contexte. Transférer quelque chose et l’envoyer ailleurs. Le transformer. Prendre des photos anonymes, trouvées, sans titre. Leur redonner un sens, les intégrer dans une fiction qui leur permette de circuler à nouveau. Les rendre monumentales, immenses. L’image aujourd’hui, c’est la photo. Alors, la peinture est une question posée à la photo. Des codes, des symboles, il faut les prendre, les répéter, les combiner. Peindre mécaniquement, comme une machine. Peindre des photos, les copier sans réfléchir, surtout ne pas s’exprimer. Une image est répétée d’une peinture à l’autre, comme un code, un objet, la décontextualiser, la rendre objective, là, sans signification : « what you see is what you see ». À travers une technique de peinture répétitive, toujours pareille, jamais différente, jamais nouvelle, surtout ne pas chercher à développer, à la pousser, les mêmes trois étapes, parfois enlever une étape. Cette image c’est de la figuration ou de l’abstraction? On ne sait pas. Être à la limite, dans l’entre deux. Ni l’un, ni l’autre. Les deux. « What you see is what you see ». Il n’y a plus de transcendance, il n’y a plus d’idée, il n’y a plus d’élévation. Un objet, une chose, il n’y a que l’image.


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